Corinne Vachon

Une journey ordinaire

 

Vernissage Jeudi 11 octobre de 18h à 22h

Exposition du 5 octobre au 17 novembre 2018

  Expositions passées  

Corinne Vachon, Morran Statue II, Tirage Fine Art - 100 x 133 cm, Kenya 2018

LES SAMBURUSUNE

RENCONTRE AVEC LES NOMADES IMMOBILES DU KENYA

    C’était l’aube des temps. Où ni le Kenya ni le Soudan n’existaient. Il y avait le sultanat de Sennar, le royaume de Daju et celui d’Alodie qui couraient tout le long de la vallée du Grand Rift. Des rois, des princes et des sultans y régnaient en maîtres : puissants et victorieux. Et les Samburus les traversaient. Sur un chemin de 6 000 kilomètres, des pyramides jusqu’aux grands lacs africains avec leur troupeau de vaches, de chèvres, de moutons et de dromadaires, ils marchaient vers le sud puis remontaient au nord.
C’était il y a 500 ans.
Avant qu’ils ne posent leur monde au Nord du Kenya.

Sont ils encore nomades aujourd’hui ? Ils le disent même si leur dernier grand voyage remonte à 5 siècles. Ils sont nomades parce que le pas de leur troupeau pourrait à tout moment les emmener au delà des frontières tracées. Ils sont nomades car leur langue, leurs traditions et leur désir de vivre sont nés le long des rives pourpres de la mer Rouge, devant le bleu et le vert des grands Lacs, sous le soleil d’acier du désert. Ils sont nomades car Nkai, le dieu suprême les attend dans les montagnes, dans les arbres gigantesques, les grottes et les sources qui vivent tout au long du chemin de la transhumance.
Ils portent des colliers de perles, des bracelets et des boucles d’oreilles très colorés que fabriquent les femmes du village. Ils s'habillent d’une simple shuka (un morceau de tissu) de couleur vive qu’ils portent en jupe autour de leur hanche. Ils teignent leurs cheveux d’ocre rouge pour qu’on ne les confonde pas avec leurs cousins Massaï. Ils dansent, ils chantent mais ne jouent d’aucun instrument de musique. Ils sacrifient un taureau pour célébrer un mariage. Ils deviennent des Morran (guerrier) à 14 ans et des anciens à 30.
Ce sont des Samburus. Ils sont 200 000. Et pour toutes les couleurs du monde ils ne voudraient pas vivre dans le notre.

 

CORINNE VACHON

Corinne Vachon installe ses modèles devant l’objectif et son appareil à côté de la réalité.
Sans fard, sans flou, elle construit un univers gigantesque qui habille et dissimule la vérité nue.
Elle est reporter de son imaginaire.
« Il y a ce que je vois et ce que je veux », dit-elle en regardant ailleurs.
 
Elle voyage pour découvrir, se nourrir et apprendre. Mais pourtant chaque fois, au-delà de l’horizon, elle cherche la lumière, l’atmosphère et l’espace où construire son studio. Un espace clos où sur fond obscur elle installe :
Un enfant modèle,
Une femme posée,
Un homme portrait.
Puis elle convoque les milliers et millions de couleurs, ces étincelles de vie attrapées autour du monde et les ramène là, dans la parure d’un Samburu, la fourrure d’un Nenet, l’ouverture d’une porte sur une ruelle indienne.
 
Ne cherchez pas.
Il n’existe nul désert, nulle Sibérie gelée où trouver ces terres et ces peuples préservés.
Ils n’existent pas.
Ils naissent de son regard, préservés dans sa vérité.
 
« Avant je photographiais mes souvenirs ».
Aujourd’hui elle invente ceux d’un monde en train de disparaître.

Corinne Vachon installe ses photos devant nous et son regard nous entraine d’un pas vers sa réalité.

Texte par Ludovic Roubaudi (Ecrivan)

 

 

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